Le Euro a connu une évolution impressionnante en 2025. De 1,04 à 1,16 USD – une appréciation de 13,5 % en moins d’un an. Pour de nombreux traders, la question se pose maintenant : cette rallye EUR/USD peut-elle continuer, ou atteignons-nous bientôt des limites naturelles ? La réponse est plus compliquée qu’il n’y paraît, car si la prognose du taux du dollar repose sur des facteurs fondamentaux, de véritables risques se cachent dans les recoins politiques de l’Europe et la dynamique économique des États-Unis.
Analyse de scénario : Trois voies pour EUR/USD 2026-2027
Avant d’analyser les détails, il est utile de tracer trois trajectoires possibles :
Le scénario de base : EUR/USD oscille entre 1,10 et 1,20. L’euro trouve un soutien grâce à la différence de taux, mais est freiné par les problèmes européens. La majorité du temps, la paire évolue entre 1,14 et 1,17.
Le scénario de risque : L’Allemagne entre en crise en 2026. Les succès électoraux de l’AfD, la paralysie du gouvernement et le retard dans les mesures de relance obligent la BCE à nouveau à assouplir. Parallèlement, l’économie américaine surprend positivement – le dollar reprend de la vigueur. EUR/USD chute à 1,05-1,10.
Le scénario haussier : L’Europe se stabilise, la relance fonctionne, et les États-Unis entrent en stagflation. Les investisseurs étrangers réduisent leurs positions en dollars. EUR/USD franchit 1,20 et vise 1,22-1,28.
La prognose du taux dollar des banques pour fin 2026 se situe entre 1,18 (Wells Fargo) et 1,25 (Morgan Stanley, BNP Paribas, Goldman Sachs). Pour 2027, la majorité prévoit une nouvelle appréciation – à l’exception de Wells Fargo, qui anticipe 1,12.
La différence de taux : l’argument le plus fort en faveur de la force de l’euro
L’argument central en faveur d’une reprise de l’EUR/USD est simple : les banques centrales s’éloignent l’une de l’autre.
La Fed réduit ses taux directeurs à 3,4 % d’ici fin 2026 (actuellement : 3,75-4,00%). La BCE, quant à elle, a terminé son cycle – le taux de dépôt reste à 2,0 %. Cette divergence attire le capital vers l’euro, car les investisseurs internationaux recherchent des rendements plus élevés dans la zone euro.
Historiquement, une réduction de 100 points de base dans l’écart de taux entraîne une adaptation de la devise de 5-8 %. Cela ferait passer l’EUR/USD de 1,16 à 1,22-1,25. Certains analystes vont encore plus loin : si la relance allemande en 2027 stimule l’inflation, la BCE pourrait même augmenter ses taux, tandis que la Fed continuerait à baisser. Cela propulserait encore plus l’euro.
Pourquoi l’effet Trump reste ambivalent
La deuxième administration Trump envoie des signaux mitigés. La croissance du PIB américain au T2 2025 était de 3,8 % – solide. Le boom de l’IA, la réforme fiscale (Taux d’imposition des entreprises réduit à 21 % de façon permanente) et les investissements massifs à l’étranger (TSMC construit pour $165 Mrd. en Arizona, Samsung investit $44 Mrd. au Texas) indiquent une force du dollar.
Mais : la dette publique américaine augmente, le déficit atteindra environ 6 % du PIB en 2026. Les attaques publiques de Trump contre l’indépendance de la Fed sapent la confiance internationale. Résultat ? Le dollar américain a perdu plus de 10 % en 2025 par rapport à l’euro – le plan de dépréciation du dollar a fonctionné jusqu’ici. Mais sa durabilité à long terme reste incertaine.
La relance allemande : espoir avec des points d’interrogation
L’initiative de 500 milliards d’euros de l’Allemagne est souvent présentée comme un changement de jeu pour l’EUR/USD. En réalité, ses effets pourraient être décevants :
Les coûts de l’énergie freinent l’innovation : Les prix de l’électricité pour l’industrie en Allemagne sont de 15-20 centimes/kWh – deux à trois fois plus élevés qu’aux États-Unis. Même le prix industriel de 5 centimes/kWh pour 2026-2028 n’altère pas l’attractivité structurelle. Les secteurs à forte consommation d’énergie (Chimie, acier, semi-conducteurs) restent à l’écart.
La bureaucratie freine la mise en œuvre : Les projets d’infrastructure allemands prennent en moyenne 17 ans – dont 13 ans pour obtenir les permis. Avec 250 000 postes vacants dans le bâtiment, la cadence ne s’accélérera pas. Les effets de la relance s’estompent.
Les dépenses militaires ne sont pas toujours un atout : Certaines dépenses de défense vont vers les armes américaines (F-35, Patriots). Cela stimule l’économie américaine, pas l’Allemagne.
L’incertitude politique frappe : Les élections régionales de 2026 pourraient faire de l’AfD la première force (actuellement ~25 % dans les sondages). Si la grande coalition devient dysfonctionnelle, les primes de risque sur les obligations d’État allemandes explosent. La relance sera coûteuse, la mise en œuvre difficile.
France et zone euro : plus fragile qu’on ne le pensait
Le chaos politique en France est réel. En octobre 2025, un gouvernement a sombré en 24 heures. Le déficit est de 6 % du PIB, la dette publique à 113 %. Les obligations françaises rapportent plus que les espagnoles – un signal d’alerte.
La zone euro elle-même progresse lentement : 0,2 % au T3 2025 en glissement trimestriel (1,3 % annualisé) contre 3,8 % aux États-Unis. Pour 2026, on prévoit 1,5 %. L’inflation, à 2,0 %, est sous contrôle, le chômage à 6,3 % – pas de panique, mais pas non plus de moteur.
Le problème : si la relance allemande fonctionne vraiment, l’inflation grimpe. La BCE devrait augmenter ses taux. Mais cela nuit aux États très endettés – un cercle vicieux. Avec son instrument TPI, la BCE pourrait théoriquement résoudre le problème, mais la coopération politique des pays concernés fait défaut.
Niveau technique : quels sont les niveaux critiques ?
Après le sommet annuel de 1,1868 en septembre, l’EUR/USD consolide à 1,16.
Soutien : 1,1550 et 1,1470 sont critiques. Une chute sous 1,15 tuerait le récit haussier et l’EUR/USD pourrait tester 1,10-1,12.
Résistance : La zone 1,1800-1,1920 limite jusqu’ici. Une percée durable au-dessus de 1,20 ouvrirait la voie technique vers 1,22-1,25.
La volatilité a été extrême : la plage de négociation dépassait 1 600 pips – des marchés nerveux.
Agir selon le principe de gestion des risques
Étant donné que la prognose EUR/USD est si incertaine, il est judicieux de travailler en fonction des événements :
Élections régionales allemandes 2026 : Les résultats annoncent-ils un chaos ? C’est pertinent pour l’EUR/USD.
Annonce de la succession de Powell (mai 2026) : Y aura-t-il un dollar faible ? Cela influence la prévision des taux de la Fed.
Données de relance allemande : L’argent circule-t-il réellement dans l’économie ?
Marché du travail américain et inflation : La résilience de l’économie US perdure-t-elle ?
Crise budgétaire française : S’intensifie-t-elle ou se calme-t-elle ?
L’essentiel : faire preuve de flexibilité. Placer de grands stops, acheter/vendre aux niveaux critiques, ne pas lutter contre la tendance.
Les risques souvent sous-estimés
Risque allemand : La crise politique n’est pas une simple spéculation. La probabilité d’un blocage gouvernemental est élevée. Cela réduit fortement l’efficacité de la relance.
Chocs géopolitiques : Une escalade en Ukraine ou une crise énergétique 2.0 ferait rapidement monter le dollar – de façon massive.
Résilience américaine : Le boom de l’IA pourrait apporter 2-3 % de croissance de la productivité. Combiné à des taxes faibles et une énergie bon marché, cela rend les États-Unis structurellement attractifs.
Conclusion : l’EUR/USD reste un jeu à cartes ouvertes
La prognose du taux dollar pour 2026-2027 dépend de peu de grands facteurs : l’Allemagne se stabilise-t-elle ? La croissance US reste-t-elle forte ? Une escalade géopolitique survient-elle ?
La différence de taux favorise l’euro – cela donne une limite inférieure de 1,10-1,12. Le dollar est surévalué de 23 %. Les flux de capitaux changent de direction. Ce sont des facteurs haussiers.
Mais la fragmentation européenne, les coûts énergétiques structurels et la dynamique américaine sont de véritables contrepoids.
Le scénario le plus probable ? Un scénario de trading volatile entre 1,10 et 1,20, avec des dérapages occasionnels à la hausse ou à la baisse – selon le risque qui se matérialise. Les traders doivent garder leurs positions petites, respecter les stops et attendre les grands catalyseurs. Cela promet une année passionnante.
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Prévision EUR/USD 2026-2027 : Après la hausse – Quelle est la véritable direction du taux du dollar ?
Le Euro a connu une évolution impressionnante en 2025. De 1,04 à 1,16 USD – une appréciation de 13,5 % en moins d’un an. Pour de nombreux traders, la question se pose maintenant : cette rallye EUR/USD peut-elle continuer, ou atteignons-nous bientôt des limites naturelles ? La réponse est plus compliquée qu’il n’y paraît, car si la prognose du taux du dollar repose sur des facteurs fondamentaux, de véritables risques se cachent dans les recoins politiques de l’Europe et la dynamique économique des États-Unis.
Analyse de scénario : Trois voies pour EUR/USD 2026-2027
Avant d’analyser les détails, il est utile de tracer trois trajectoires possibles :
Le scénario de base : EUR/USD oscille entre 1,10 et 1,20. L’euro trouve un soutien grâce à la différence de taux, mais est freiné par les problèmes européens. La majorité du temps, la paire évolue entre 1,14 et 1,17.
Le scénario de risque : L’Allemagne entre en crise en 2026. Les succès électoraux de l’AfD, la paralysie du gouvernement et le retard dans les mesures de relance obligent la BCE à nouveau à assouplir. Parallèlement, l’économie américaine surprend positivement – le dollar reprend de la vigueur. EUR/USD chute à 1,05-1,10.
Le scénario haussier : L’Europe se stabilise, la relance fonctionne, et les États-Unis entrent en stagflation. Les investisseurs étrangers réduisent leurs positions en dollars. EUR/USD franchit 1,20 et vise 1,22-1,28.
La prognose du taux dollar des banques pour fin 2026 se situe entre 1,18 (Wells Fargo) et 1,25 (Morgan Stanley, BNP Paribas, Goldman Sachs). Pour 2027, la majorité prévoit une nouvelle appréciation – à l’exception de Wells Fargo, qui anticipe 1,12.
La différence de taux : l’argument le plus fort en faveur de la force de l’euro
L’argument central en faveur d’une reprise de l’EUR/USD est simple : les banques centrales s’éloignent l’une de l’autre.
La Fed réduit ses taux directeurs à 3,4 % d’ici fin 2026 (actuellement : 3,75-4,00%). La BCE, quant à elle, a terminé son cycle – le taux de dépôt reste à 2,0 %. Cette divergence attire le capital vers l’euro, car les investisseurs internationaux recherchent des rendements plus élevés dans la zone euro.
Historiquement, une réduction de 100 points de base dans l’écart de taux entraîne une adaptation de la devise de 5-8 %. Cela ferait passer l’EUR/USD de 1,16 à 1,22-1,25. Certains analystes vont encore plus loin : si la relance allemande en 2027 stimule l’inflation, la BCE pourrait même augmenter ses taux, tandis que la Fed continuerait à baisser. Cela propulserait encore plus l’euro.
Pourquoi l’effet Trump reste ambivalent
La deuxième administration Trump envoie des signaux mitigés. La croissance du PIB américain au T2 2025 était de 3,8 % – solide. Le boom de l’IA, la réforme fiscale (Taux d’imposition des entreprises réduit à 21 % de façon permanente) et les investissements massifs à l’étranger (TSMC construit pour $165 Mrd. en Arizona, Samsung investit $44 Mrd. au Texas) indiquent une force du dollar.
Mais : la dette publique américaine augmente, le déficit atteindra environ 6 % du PIB en 2026. Les attaques publiques de Trump contre l’indépendance de la Fed sapent la confiance internationale. Résultat ? Le dollar américain a perdu plus de 10 % en 2025 par rapport à l’euro – le plan de dépréciation du dollar a fonctionné jusqu’ici. Mais sa durabilité à long terme reste incertaine.
La relance allemande : espoir avec des points d’interrogation
L’initiative de 500 milliards d’euros de l’Allemagne est souvent présentée comme un changement de jeu pour l’EUR/USD. En réalité, ses effets pourraient être décevants :
Les coûts de l’énergie freinent l’innovation : Les prix de l’électricité pour l’industrie en Allemagne sont de 15-20 centimes/kWh – deux à trois fois plus élevés qu’aux États-Unis. Même le prix industriel de 5 centimes/kWh pour 2026-2028 n’altère pas l’attractivité structurelle. Les secteurs à forte consommation d’énergie (Chimie, acier, semi-conducteurs) restent à l’écart.
La bureaucratie freine la mise en œuvre : Les projets d’infrastructure allemands prennent en moyenne 17 ans – dont 13 ans pour obtenir les permis. Avec 250 000 postes vacants dans le bâtiment, la cadence ne s’accélérera pas. Les effets de la relance s’estompent.
Les dépenses militaires ne sont pas toujours un atout : Certaines dépenses de défense vont vers les armes américaines (F-35, Patriots). Cela stimule l’économie américaine, pas l’Allemagne.
L’incertitude politique frappe : Les élections régionales de 2026 pourraient faire de l’AfD la première force (actuellement ~25 % dans les sondages). Si la grande coalition devient dysfonctionnelle, les primes de risque sur les obligations d’État allemandes explosent. La relance sera coûteuse, la mise en œuvre difficile.
France et zone euro : plus fragile qu’on ne le pensait
Le chaos politique en France est réel. En octobre 2025, un gouvernement a sombré en 24 heures. Le déficit est de 6 % du PIB, la dette publique à 113 %. Les obligations françaises rapportent plus que les espagnoles – un signal d’alerte.
La zone euro elle-même progresse lentement : 0,2 % au T3 2025 en glissement trimestriel (1,3 % annualisé) contre 3,8 % aux États-Unis. Pour 2026, on prévoit 1,5 %. L’inflation, à 2,0 %, est sous contrôle, le chômage à 6,3 % – pas de panique, mais pas non plus de moteur.
Le problème : si la relance allemande fonctionne vraiment, l’inflation grimpe. La BCE devrait augmenter ses taux. Mais cela nuit aux États très endettés – un cercle vicieux. Avec son instrument TPI, la BCE pourrait théoriquement résoudre le problème, mais la coopération politique des pays concernés fait défaut.
Niveau technique : quels sont les niveaux critiques ?
Après le sommet annuel de 1,1868 en septembre, l’EUR/USD consolide à 1,16.
Soutien : 1,1550 et 1,1470 sont critiques. Une chute sous 1,15 tuerait le récit haussier et l’EUR/USD pourrait tester 1,10-1,12.
Résistance : La zone 1,1800-1,1920 limite jusqu’ici. Une percée durable au-dessus de 1,20 ouvrirait la voie technique vers 1,22-1,25.
La volatilité a été extrême : la plage de négociation dépassait 1 600 pips – des marchés nerveux.
Agir selon le principe de gestion des risques
Étant donné que la prognose EUR/USD est si incertaine, il est judicieux de travailler en fonction des événements :
L’essentiel : faire preuve de flexibilité. Placer de grands stops, acheter/vendre aux niveaux critiques, ne pas lutter contre la tendance.
Les risques souvent sous-estimés
Risque allemand : La crise politique n’est pas une simple spéculation. La probabilité d’un blocage gouvernemental est élevée. Cela réduit fortement l’efficacité de la relance.
Chocs géopolitiques : Une escalade en Ukraine ou une crise énergétique 2.0 ferait rapidement monter le dollar – de façon massive.
Résilience américaine : Le boom de l’IA pourrait apporter 2-3 % de croissance de la productivité. Combiné à des taxes faibles et une énergie bon marché, cela rend les États-Unis structurellement attractifs.
Conclusion : l’EUR/USD reste un jeu à cartes ouvertes
La prognose du taux dollar pour 2026-2027 dépend de peu de grands facteurs : l’Allemagne se stabilise-t-elle ? La croissance US reste-t-elle forte ? Une escalade géopolitique survient-elle ?
La différence de taux favorise l’euro – cela donne une limite inférieure de 1,10-1,12. Le dollar est surévalué de 23 %. Les flux de capitaux changent de direction. Ce sont des facteurs haussiers.
Mais la fragmentation européenne, les coûts énergétiques structurels et la dynamique américaine sont de véritables contrepoids.
Le scénario le plus probable ? Un scénario de trading volatile entre 1,10 et 1,20, avec des dérapages occasionnels à la hausse ou à la baisse – selon le risque qui se matérialise. Les traders doivent garder leurs positions petites, respecter les stops et attendre les grands catalyseurs. Cela promet une année passionnante.