EUR/USD en 2026 : La question d'un billion de dollars entre les réductions de la Fed et la patience de la BCE

Voici la tension que tout le monde surveille : la Fed réduit déjà (trois fois en 2025, passant à 3,5 %–3,75 %), mais la BCE ? Elle reste immobile à 2,15 % depuis juillet, les bras croisés. Si cet écart continue de s’élargir en 2026—la Fed assouplissant pendant que la BCE attend—l’euro aura un problème. Mais voilà où ça se complique : la force ou la faiblesse du dollar ne dépend pas seulement des taux d’intérêt. Il s’agit de savoir quelle banque centrale clignera en premier lorsque la croissance stagnera.

L’histoire de l’écart de taux n’est pas aussi simple qu’elle en a l’air

Lorsque la Fed réduit et que la BCE ne bouge pas, la sagesse conventionnelle dit que le dollar se renforce (taux US plus bas = moins d’attractivité). Mais les marchés ne sont pas des machines—ce sont des prix de narratifs. En ce moment, deux camps s’affrontent sur EUR/USD :

Le scénario haussier (euro jusqu’à 1,20) : Si l’Europe parvient à traverser la tempête—la croissance reste au-dessus de 1,3 %, l’inflation reste maîtrisée—la BCE maintient ses taux. Pendant ce temps, la Fed continue de réduire (Goldman et Morgan Stanley prévoient deux baisses en 2026). À mesure que l’écart de rendement se réduit, l’euro se reprend. UBS Global Wealth Management fait partie de ce camp, anticipant un EUR/USD à 1,20 d’ici mi-2026.

Le scénario baissier (euro glisse à 1,13, peut-être 1,10) : Si la croissance de la zone euro déçoit et que la BCE doit finalement réduire ses taux pour soutenir l’activité, tandis que la Fed réduit moins que prévu, l’euro sera écrasé. La prévision de Citi : EUR/USD autour de 1,10 au T3 2026—soit une chute de 6 % par rapport aux niveaux actuels de 1,1650. La logique est simple : relâchement de la BCE + Fed hawkish = faiblesse de l’euro.

Pour mettre cela en perspective, si vous suivez les mouvements de change, le swing EUR/USD de 1,20 à 1,10 est aussi violent que de voir le CAD/USD passer de la parité à par moins 10 cents—petit changement absolu, implications de trading énormes.

Pourquoi le moteur de croissance de l’Europe compte plus que le taux de politique de la BCE

La BCE a de la marge pour rester immobile car l’inflation dans la zone euro vient de remonter à 2,2 % (novembre), dépassant leur objectif de 2 %. L’inflation des services a atteint 3,5 %—c’est le genre d’inflation tenace que les banques centrales détestent voir accélérer. Donc, en apparence, maintenir les taux paraît raisonnable.

Mais le vrai problème ? La croissance peine à décoller. Le secteur automobile allemand a chuté (de 5 %), écrasé par les vents contraires de la transition vers l’électrique et le chaos dans la chaîne d’approvisionnement. La prévision de la Commission européenne est prudente : 1,3 % de croissance en 2025 (révisée à la hausse), mais elle chute à 1,2 % en 2026 (révisée à la baisse). En clair : l’année prochaine semble plus fragile que ce que l’on veut admettre.

Ensuite, il y a la carte joker des tarifs Trump. Une taxe de 10 à 20 % sur les biens européens frapperait durement les exportations—surtout l’automobile et la chimie. Si la croissance se détériore vraiment début 2026, la BCE ne restera pas immobile. Des économistes comme Mark Zandi (Moody’s) s’attendent à plusieurs baisses de la Fed en 2026, mais la BCE pourrait être contrainte de suivre si les données européennes se dégradent. C’est le scénario pessimiste qui tuerait la hausse de l’euro.

La carte maîtresse de la Fed : qui sera à la tête quand les réductions de taux commenceront ?

Le mandat de Jerome Powell se termine en mai 2026. Trump a laissé entendre que le prochain président de la Fed serait plus dovish sur les baisses de taux. Si ce candidat est confirmé rapidement, les attentes du marché pour 2026 en matière de baisses de la Fed pourraient augmenter—ce qui mettrait la pression sur l’EUR/USD si la BCE reste immobile pendant que le nouveau leader de la Fed ouvre le robinet plus vite.

La plupart des grandes banques (Goldman, Morgan Stanley, Bank of America, Wells Fargo, Nomura, Barclays) prévoient deux baisses en 2026, pouvant faire monter le taux des fonds fédéraux à 3,00 %–3,25 %. Mais si la pression politique accélère ce calendrier ou en augmente l’ampleur, l’EUR/USD pourrait s’affaiblir plus vite que ne le suggèrent les modèles.

Deux scénarios pour 2026 : durabilité de la croissance vs. la course aux baisses

Scénario 1 - « L’Europe tient bon » : La croissance de la zone euro reste résiliente (au-dessus de 1,3 %), l’inflation des services se calme sans s’effondrer, la BCE maintient le taux de dépôt à 2,00 % et reste stable. La Fed réduit deux fois. L’écart de rendement se réduit, et l’EUR/USD monte vers 1,20 ou plus.

Scénario 2 - « La croissance craque » : Les données européennes s’affaiblissent au T1–T2 2026, la crainte du commerce pèse, la BCE réduit pour soutenir la croissance (peut-être 50 bps), tandis que la Fed ne baisse que deux fois. L’EUR/USD revient vers 1,13, avec 1,10 pas hors de question d’ici le T3—correspondant à la pression à la baisse que subiraient d’autres paires de devises sous stress de croissance similaire.

Le marché parie essentiellement sur la première banque centrale qui cédera en premier lorsque l’histoire de la croissance se brisera. Pour l’instant, la majorité penche pour le scénario 1—mais ce consensus peut s’effondrer rapidement si les données de la zone euro de février ou mars déçoivent à la baisse. Voilà le vrai déclencheur à surveiller.

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