EUR/USD 2026-2027 : Entre équilibrage des taux d'intérêt et incertitudes politiques – Ce que les traders doivent attendre

La paire de devises EUR/USD a connu en 2025 une remarquable rallye. Du creux de janvier à 1,02 jusqu’au sommet de septembre à 1,19 – une appréciation de plus de 16 %. Mais la question reste brûlante : cette tendance se poursuivra-t-elle dans les années à venir, ou une consolidation est-elle à prévoir ? La réponse est plus nuancée que ce que beaucoup anticipent.

Trois scénarios possibles pour EUR/USD

Scénario de base : mouvement latéral entre 1,10 et 1,20

Le scénario le plus probable indique une fourchette. La divergence de taux entre la Fed et la BCE agit comme un support – une limite inférieure se dessine vers 1,10-1,12. Par ailleurs, les problèmes européens limitent le potentiel de hausse à 1,18-1,20. L’Allemagne donnera des résultats mitigés : le fonds d’investissement sera partiellement efficace, mais s’éteindra aussi à plusieurs endroits. Les États-Unis évitent une récession, mais ne croissent que modérément (1,8-2,2%). Ce scénario est caractérisé par des signaux réguliers d’achat et de vente aux limites de la fourchette.

Scénario pessimiste : EUR/USD tombe à 1,05-1,10

Un risque important réside dans le paysage politique allemand. Si les élections régionales de 2026 renforcent nettement l’AfD, la coalition gouvernementale pourrait devenir dysfonctionnelle. Le stimulus infrastructurel serait alors freiné. En parallèle : la crise budgétaire en France s’aggrave, la BCE doit baisser ses taux. Dans la même période, les États-Unis surprennent positivement – les gains de productivité liés à l’IA stimulent la croissance, l’inflation tombe à 2 %, la Fed fait une pause à 3,50 %. Conséquence : EUR/USD glisse vers 1,08-1,10, le niveau de 1,05 devient accessible.

Scénario haussier : l’euro grimpe à 1,22-1,28

Scénario opposé : l’Allemagne se stabilise, le stimulus se déploie rapidement, la situation en France s’améliore, la croissance du PIB de la zone euro atteint 2 % – un changement transformateur pour la région. La BCE pourrait annoncer des hausses de taux fin 2026 pour 2027. Parallèlement, une crise aux États-Unis s’intensifie : inflation persistante, marché du travail faible, tendances de stagflation. Les attaques de Trump contre la Fed s’intensifient. Les investisseurs internationaux réduisent leurs positions aux États-Unis. EUR/USD franchit 1,20 et évolue dans la zone 1,22-1,28.

La colonne fondamentale : divergence de taux entre Fed et BCE

L’argument le plus fort en faveur de l’appréciation de l’euro est l’orientation de la politique monétaire. La Réserve fédérale a déjà réduit ses taux de 50 points de base en 2025 et signale d’autres baisses à 3,4 % d’ici fin 2026. La BCE, quant à elle, a terminé son cycle – le taux de dépôt reste à 2,0 % depuis juin.

La mécanique est classique : plus l’écart de taux se réduit, plus la pression en faveur d’un ajustement de la devise s’accroît. Historiquement, une réduction de 100 points de base entraîne une appréciation de 5-8 %. Cela ferait passer l’EUR/USD de 1,16 actuellement à 1,22-1,25. Certains analystes spéculent même sur une possible hausse de la BCE en 2027, avant la Fed – si le stimulus allemand est suffisamment puissant – ce qui renforcerait cet effet.

Trump 2.0 et les États-Unis : force avec des ombres

La deuxième administration Trump a livré un bilan mitigé, mais jusqu’ici plutôt positif pour l’économie américaine. La croissance du PIB a atteint 3,8 % au T2 2025, portée par d’importants investissements dans l’IA.

Stratégie tarifaire et engagements d’investissement

Le « Liberation Day » du 2 avril a annoncé des tarifs jusqu’à 145 % – un modèle classique de négociation Trump. Après 90 jours, un compromis : les tarifs moyens sont désormais de 15-18 %, plus élevés qu’avant, mais pas extrêmes. En échange, le gouvernement américain a sécurisé des engagements d’investissement de milliards de dollars auprès d’autres pays – accords commerciaux avec l’UE et le Japon inclus. Résultat : investissements massifs aux États-Unis pour la fabrication de puces (TSMC : 165 Mds, Samsung : 44 Mds, Intel : 20 Mds).

Réforme fiscale et moteurs de croissance

Le « One Big Beautiful Bill Act » du 4 juillet a rendu permanentes les réductions d’impôts de 2017. Les impôts sur les sociétés à 21 %, combinés à des coûts énergétiques faibles, créent un aimant à capital. Le problème : la dette américaine augmente. Le déficit atteindra environ 6 % du PIB en 2026. Les attaques de Trump contre l’indépendance de la Fed sapent la confiance des investisseurs internationaux – d’où la perte de plus de 10 % du dollar face à l’euro en 2025.

Allemagne : le paquet de 500 milliards sous pression

Le fonds d’infrastructure allemand sur 12 ans est présenté comme un changement de jeu pour la zone euro. Mais la réalité pourrait être moins spectaculaire.

Coûts énergétiques restent un obstacle

Les prix de l’électricité en Allemagne sont de 30-35 cents/kWh pour les ménages, 15-20 cents/kWh pour l’industrie – deux à trois fois plus élevés qu’aux États-Unis. Même avec des prix industriels de 5 cents/kWh (2026-2028), les secteurs à forte intensité énergétique comme la chimie, l’acier, les semi-conducteurs restent structurellement peu attractifs. Un stimulus infrastructurel ne réduit pas ces coûts, ce qui empêche déjà certains entreprises de revenir.

( Freins à la mise en œuvre

Les projets d’infrastructure allemands prennent en moyenne 17 ans de la planification à la réalisation )13 ans seulement pour les permis###. Le secteur de la construction signale 250 000 postes vacants. Les pertes d’efficacité sont importantes – les multiplicateurs attendus pourraient être nettement plus faibles.

( Approvisionnement en défense et risques politiques

Une partie des dépenses de défense est consacrée à l’étranger )F-35, Patriot, Chinook### – stimulant plutôt les États-Unis. Les élections régionales de 2026 anticipent : les sondages donnent l’AfD à près de 25 % au niveau national. Une crise politique pourrait retarder considérablement la mise en œuvre du stimulus et élargir les primes de risque sur les obligations d’État allemandes.

Zone euro : la France comme point faible

L’instabilité politique en France reste un facteur de risque. Un gouvernement a sombré en octobre 2025 en 24 heures. Le déficit est d’environ 6 % du PIB, la dette à 113 %. Les obligations françaises rapportent désormais plus que les espagnoles – un signal d’alerte clair.

La zone euro a crû de 0,2 % au T3 2025 par rapport au trimestre précédent (Taux annuel 1,3%), bien en deçà des États-Unis (annualisé 3,8 % au T2). Pour 2026, une croissance de seulement 1,5 % est attendue. La lueur d’espoir : inflation à 2,0 % (objectif BCE), chômage à 6,3 %.

Mais la BCE pourrait se retrouver face à un dilemme. Si le stimulus allemand fonctionne pleinement, l’inflation pourrait augmenter – la BCE devrait relever ses taux. Ce qui n’est pas dans l’intérêt des pays fortement endettés, pouvant entraîner une crise de fragmentation.

Prévisions bancaires : consensus pour une appréciation, puis divergence

Fin 2026 :

  • Morgan Stanley, BNP Paribas, Goldman Sachs : 1,25
  • RBC Capital Markets : 1,24
  • JP Morgan, ING : 1,22–1,25
  • Commerzbank : 1,20
  • Wells Fargo : 1,18–1,20

Fin 2027 :

  • Deutsche Bank : 1,30
  • Morgan Stanley : 1,27
  • RBC Capital Markets : 1,24
  • Commerzbank : 1,22
  • Wells Fargo : 1,12

Le consensus est haussier, Wells Fargo étant l’exception. Arguments en faveur de l’appréciation : divergence de taux, dollar surévalué, inversion des flux de capitaux, stimulus allemand. Arguments en faveur d’une dépréciation : fin des baisses de la Fed, reprise américaine, manque d’attractivité de l’Europe.

Situation technique et points d’ancrage pour le trading

EUR/USD trouve des supports importants à 1,1550 et 1,1470. Une chute sous 1,15 remettrait en question le scénario haussier et pourrait ouvrir la voie vers 1,10-1,12. À la hausse, la zone 1,1800-1,1920 agit comme résistance – une cassure durable au-dessus de 1,20 pourrait ouvrir la voie vers 1,22-1,25.

Risques clés pour 2026-2027

Risques liés à l’Allemagne sous-estimés : La force de l’AfD et une crise gouvernementale potentielle ne sont pas des scénarios théoriques.

Chocs géopolitiques : Une escalade en Ukraine ou une crise énergétique 2.0 pourraient déclencher d’importants flux de dollars.

Résilience des États-Unis : La croissance par l’IA pourrait générer 2-3 % de gains de productivité annuels – un avantage structurel grâce à de faibles taxes, une énergie bon marché et une domination technologique.

Conclusion : volatilité avec risques de baisse

La paire EUR/USD se trouve en 2026-2027 sous la tension de forces opposées. La divergence de taux crée une limite inférieure à 1,10-1,12, la surévaluation du dollar à 23 % et l’inversion des flux de capitaux soutiennent cela. En même temps, des risques pèsent : fragmentation politique en Allemagne (2026), coûts énergétiques européens élevés, force économique américaine.

Ce qui sera déterminant : l’Allemagne parviendra-t-elle à stabiliser politiquement après les élections régionales de 2026 ? Le stimulus sera-t-il efficace malgré les obstacles structurels ? L’économie américaine restera-t-elle résiliente ? Les réponses détermineront si nous vivons une nouvelle phase de force de l’euro – ou si le dollar reprend sa domination de manière impressionnante.

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