Analyse de la tendance du yen japonais en 2026 : la lutte entre la politique de la banque centrale et la différence de taux d'intérêt entre les États-Unis et le Japon
Pourquoi le yen continue-t-il à baisser ? Cette question préoccupe beaucoup de ceux qui souhaitent investir dans le yen. Depuis un sommet de 157 au début de l’année, il a chuté jusqu’à plus de 140, puis a rebondi autour de 156. La volatilité du yen laisse perplexe. Mais en regardant attentivement les données et les actions de la banque centrale, la logique est en réalité très claire.
Historique : pourquoi le yen se déprécie continuellement
Pour comprendre la situation actuelle, il faut regarder en arrière. L’histoire de la dépréciation du yen est en fait une évolution de la politique de la banque centrale.
Le tremblement de terre au Japon en 2011 a été un tournant. La catastrophe nucléaire a déclenché une crise énergétique. Le Japon a commencé à acheter massivement des dollars pour acheter du pétrole, tout en étant confronté à des revers dans le tourisme et l’exportation de produits agricoles, ce qui a fortement réduit ses revenus en devises étrangères. Ce sinistre a directement impacté le yen.
2013 marque vraiment une étape clé. Le nouveau gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a lancé une politique de QE (assouplissement quantitatif) sans précédent, promettant d’injecter 1,4 trillion de dollars en deux ans. Résultat ? La bourse a monté, mais le yen s’est déprécié de près de 30 % en deux ans. Cela a laissé une leçon profonde : la politique d’assouplissement est l’ennemi juré du yen.
2021 a été un autre moment crucial. La Fed a commencé à resserrer sa politique, alors que la Banque du Japon dormait encore. C’est à ce moment que les arbitrages ont explosé — les investisseurs empruntaient en yen à très faible coût pour investir dans des actifs en dollars à haut rendement. Plus l’économie mondiale allait bien, plus la pression à la dépréciation du yen augmentait, car personne ne voulait détenir une monnaie sans intérêt.
Que se passe-t-il maintenant ? Pourquoi le yen continue-t-il de baisser
En 2025, la Banque du Japon a enfin réagi. En janvier, elle a augmenté ses taux de 50 points de base à 0,5 %, puis en décembre, de 25 points à 0,75 % — le plus haut depuis 1995. Cela semble radical, mais la réaction du marché ? Le yen continue de baisser. Cela peut sembler contradictoire, mais cela reflète une réalité : l’écart de taux entre les États-Unis et le Japon reste énorme.
Les taux américains sont encore à 3,25 %-3,5 %, tandis que le Japon est à 0,75 %. Cet écart suffit à inciter tout investisseur rationnel à continuer d’emprunter en yen pour investir en dollars. De plus, la Banque du Japon elle-même admet que les taux réels restent négatifs, ce qui signifie qu’en réalité, la politique monétaire japonaise reste accommodante.
Une autre pression vient de la situation fiscale du gouvernement. La nouvelle Première ministre, Sanae Takaichi, a lancé un vaste plan de relance, augmentant la dette publique et le déficit, ce qui fait craindre une hausse du risque de crédit du Japon. Le marché redoute une augmentation de la prime de crédit, ce qui ferait encore baisser le yen.
Ajoutez à cela la faiblesse intrinsèque de l’économie japonaise. La consommation intérieure est morose, le PIB connaît parfois des contractions, le pouvoir d’achat réel est sous pression. La banque centrale a peu de marge pour relever les taux dans ce contexte — personne ne veut précipiter une récession par une hausse trop rapide des taux.
En revanche, l’économie américaine est relativement solide. Bien que l’inflation ait commencé à reculer, elle reste persistante. L’administration Trump a lancé une politique de dollar fort et des tarifs douaniers, ce qui soutient l’indice du dollar. Résultat : USD/JPY est passé de plus de 140 en avril à environ 155-157 actuellement.
Comment les institutions voient-elles la tendance du yen en 2026
Wall Street est actuellement très pessimiste sur le yen. Deux principales prévisions :
L’avis le plus pessimiste vient de JPMorgan. Leur stratégiste en devises japonaises, Junya Tanase, pense que d’ici la fin 2026, le yen pourrait tomber à 164. La raison est simple : les fondamentaux du yen sont très faibles, et une amélioration structurelle est peu probable l’année prochaine. Même si la Banque du Japon continue de relever ses taux, dans un contexte où d’autres économies augmentent aussi leurs taux, cet avantage relatif s’érodera.
Une prévision moins pessimiste provient de BNP Paribas. Leur stratégiste en devises asiatiques, Parisha Saimbi, prévoit que le yen pourrait atteindre 160 d’ici la fin 2026. Son raisonnement : l’environnement macro mondial devrait rester favorable aux actifs risqués, ce qui profite aux stratégies d’arbitrage. En tenant compte de la persistance de l’arbitrage, de la prudence de la Banque du Japon, et d’une Fed plus hawkish que prévu, le dollar face au yen pourrait rester dans une fourchette haute.
Les deux institutions convergent sur un point : à court terme, le yen aura du mal à inverser sa tendance.
Qu’est-ce qui pourrait changer le destin du yen
Pour prévoir l’avenir du yen, il faut surveiller plusieurs variables :
Premièrement, les actions futures de la Banque du Japon. La réunion du 22-23 janvier sera cruciale. Si Ueda et le gouverneur Kuroda donnent un signal hawkish clair, comme une trajectoire de hausse des taux, cela pourrait renforcer le yen. À l’inverse, s’ils insistent sur les risques de ralentissement économique, le yen pourrait continuer à s’affaiblir.
Deuxièmement, la vitesse de réduction de l’écart de taux entre les États-Unis et le Japon. Si la Fed réduit ses taux rapidement en raison d’un ralentissement, cela pourrait réduire l’écart et favoriser le yen. Mais la majorité des analystes s’attendent à une réduction prudente, voire hawkish, ce qui maintiendrait le dollar fort.
Troisièmement, l’humeur du marché mondial. Le yen est souvent vendu en période de risque élevé, car les investisseurs empruntent en yen pour profiter de rendements élevés. En cas de correction boursière ou de tensions géopolitiques, le yen pourrait se renforcer rapidement. Surveillez donc la volatilité des marchés américains, ainsi que l’évolution des politiques tarifaires.
Quatrièmement, l’inflation et les données économiques. Si l’indice des prix à la consommation, le PMI ou le PIB japonais montrent des signes de reprise, cela donnerait à la banque centrale plus de marge pour relever ses taux. Si ces indicateurs s’affaiblissent, la politique monétaire restera accommodante, et le yen continuera de baisser.
Combien de temps le yen restera-t-il faible ?
Honnêtement, d’après cette analyse, il sera difficile pour le yen de se redresser significativement d’ici le premier semestre 2026. L’écart de taux, l’arbitrage, et l’humeur du marché mondial sont peu susceptibles de changer rapidement.
Mais il faut aussi noter que le yen possède une fonction de refuge. En cas de crise majeure mondiale, le yen pourrait s’apprécier. Lors de l’escalade du conflit israélo-palestinien l’année dernière, par exemple, le yen a brièvement monté face à d’autres devises.
Pour ceux qui veulent investir dans le yen, voici quelques conseils :
Si c’est pour le tourisme ou les achats, il vaut mieux acheter par tranches, sans tout faire d’un coup.
Si vous faites du trading de devises, il faut suivre de près les réunions de la Banque du Japon, les données économiques américaines, et les événements géopolitiques.
Surveillez en particulier la réunion de la banque centrale en janvier, les données CPI de mars, et la volatilité du marché américain pour anticiper les mouvements du yen.
Le yen finira par retrouver sa juste valeur, mais ce processus pourrait prendre plus de temps que prévu. En attendant, la gestion du risque et la maîtrise des fonds restent la priorité absolue.
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Analyse de la tendance du yen japonais en 2026 : la lutte entre la politique de la banque centrale et la différence de taux d'intérêt entre les États-Unis et le Japon
Pourquoi le yen continue-t-il à baisser ? Cette question préoccupe beaucoup de ceux qui souhaitent investir dans le yen. Depuis un sommet de 157 au début de l’année, il a chuté jusqu’à plus de 140, puis a rebondi autour de 156. La volatilité du yen laisse perplexe. Mais en regardant attentivement les données et les actions de la banque centrale, la logique est en réalité très claire.
Historique : pourquoi le yen se déprécie continuellement
Pour comprendre la situation actuelle, il faut regarder en arrière. L’histoire de la dépréciation du yen est en fait une évolution de la politique de la banque centrale.
Le tremblement de terre au Japon en 2011 a été un tournant. La catastrophe nucléaire a déclenché une crise énergétique. Le Japon a commencé à acheter massivement des dollars pour acheter du pétrole, tout en étant confronté à des revers dans le tourisme et l’exportation de produits agricoles, ce qui a fortement réduit ses revenus en devises étrangères. Ce sinistre a directement impacté le yen.
2013 marque vraiment une étape clé. Le nouveau gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, a lancé une politique de QE (assouplissement quantitatif) sans précédent, promettant d’injecter 1,4 trillion de dollars en deux ans. Résultat ? La bourse a monté, mais le yen s’est déprécié de près de 30 % en deux ans. Cela a laissé une leçon profonde : la politique d’assouplissement est l’ennemi juré du yen.
2021 a été un autre moment crucial. La Fed a commencé à resserrer sa politique, alors que la Banque du Japon dormait encore. C’est à ce moment que les arbitrages ont explosé — les investisseurs empruntaient en yen à très faible coût pour investir dans des actifs en dollars à haut rendement. Plus l’économie mondiale allait bien, plus la pression à la dépréciation du yen augmentait, car personne ne voulait détenir une monnaie sans intérêt.
Que se passe-t-il maintenant ? Pourquoi le yen continue-t-il de baisser
En 2025, la Banque du Japon a enfin réagi. En janvier, elle a augmenté ses taux de 50 points de base à 0,5 %, puis en décembre, de 25 points à 0,75 % — le plus haut depuis 1995. Cela semble radical, mais la réaction du marché ? Le yen continue de baisser. Cela peut sembler contradictoire, mais cela reflète une réalité : l’écart de taux entre les États-Unis et le Japon reste énorme.
Les taux américains sont encore à 3,25 %-3,5 %, tandis que le Japon est à 0,75 %. Cet écart suffit à inciter tout investisseur rationnel à continuer d’emprunter en yen pour investir en dollars. De plus, la Banque du Japon elle-même admet que les taux réels restent négatifs, ce qui signifie qu’en réalité, la politique monétaire japonaise reste accommodante.
Une autre pression vient de la situation fiscale du gouvernement. La nouvelle Première ministre, Sanae Takaichi, a lancé un vaste plan de relance, augmentant la dette publique et le déficit, ce qui fait craindre une hausse du risque de crédit du Japon. Le marché redoute une augmentation de la prime de crédit, ce qui ferait encore baisser le yen.
Ajoutez à cela la faiblesse intrinsèque de l’économie japonaise. La consommation intérieure est morose, le PIB connaît parfois des contractions, le pouvoir d’achat réel est sous pression. La banque centrale a peu de marge pour relever les taux dans ce contexte — personne ne veut précipiter une récession par une hausse trop rapide des taux.
En revanche, l’économie américaine est relativement solide. Bien que l’inflation ait commencé à reculer, elle reste persistante. L’administration Trump a lancé une politique de dollar fort et des tarifs douaniers, ce qui soutient l’indice du dollar. Résultat : USD/JPY est passé de plus de 140 en avril à environ 155-157 actuellement.
Comment les institutions voient-elles la tendance du yen en 2026
Wall Street est actuellement très pessimiste sur le yen. Deux principales prévisions :
L’avis le plus pessimiste vient de JPMorgan. Leur stratégiste en devises japonaises, Junya Tanase, pense que d’ici la fin 2026, le yen pourrait tomber à 164. La raison est simple : les fondamentaux du yen sont très faibles, et une amélioration structurelle est peu probable l’année prochaine. Même si la Banque du Japon continue de relever ses taux, dans un contexte où d’autres économies augmentent aussi leurs taux, cet avantage relatif s’érodera.
Une prévision moins pessimiste provient de BNP Paribas. Leur stratégiste en devises asiatiques, Parisha Saimbi, prévoit que le yen pourrait atteindre 160 d’ici la fin 2026. Son raisonnement : l’environnement macro mondial devrait rester favorable aux actifs risqués, ce qui profite aux stratégies d’arbitrage. En tenant compte de la persistance de l’arbitrage, de la prudence de la Banque du Japon, et d’une Fed plus hawkish que prévu, le dollar face au yen pourrait rester dans une fourchette haute.
Les deux institutions convergent sur un point : à court terme, le yen aura du mal à inverser sa tendance.
Qu’est-ce qui pourrait changer le destin du yen
Pour prévoir l’avenir du yen, il faut surveiller plusieurs variables :
Premièrement, les actions futures de la Banque du Japon. La réunion du 22-23 janvier sera cruciale. Si Ueda et le gouverneur Kuroda donnent un signal hawkish clair, comme une trajectoire de hausse des taux, cela pourrait renforcer le yen. À l’inverse, s’ils insistent sur les risques de ralentissement économique, le yen pourrait continuer à s’affaiblir.
Deuxièmement, la vitesse de réduction de l’écart de taux entre les États-Unis et le Japon. Si la Fed réduit ses taux rapidement en raison d’un ralentissement, cela pourrait réduire l’écart et favoriser le yen. Mais la majorité des analystes s’attendent à une réduction prudente, voire hawkish, ce qui maintiendrait le dollar fort.
Troisièmement, l’humeur du marché mondial. Le yen est souvent vendu en période de risque élevé, car les investisseurs empruntent en yen pour profiter de rendements élevés. En cas de correction boursière ou de tensions géopolitiques, le yen pourrait se renforcer rapidement. Surveillez donc la volatilité des marchés américains, ainsi que l’évolution des politiques tarifaires.
Quatrièmement, l’inflation et les données économiques. Si l’indice des prix à la consommation, le PMI ou le PIB japonais montrent des signes de reprise, cela donnerait à la banque centrale plus de marge pour relever ses taux. Si ces indicateurs s’affaiblissent, la politique monétaire restera accommodante, et le yen continuera de baisser.
Combien de temps le yen restera-t-il faible ?
Honnêtement, d’après cette analyse, il sera difficile pour le yen de se redresser significativement d’ici le premier semestre 2026. L’écart de taux, l’arbitrage, et l’humeur du marché mondial sont peu susceptibles de changer rapidement.
Mais il faut aussi noter que le yen possède une fonction de refuge. En cas de crise majeure mondiale, le yen pourrait s’apprécier. Lors de l’escalade du conflit israélo-palestinien l’année dernière, par exemple, le yen a brièvement monté face à d’autres devises.
Pour ceux qui veulent investir dans le yen, voici quelques conseils :
Le yen finira par retrouver sa juste valeur, mais ce processus pourrait prendre plus de temps que prévu. En attendant, la gestion du risque et la maîtrise des fonds restent la priorité absolue.