Le marché du cacao a connu un léger soulagement cette semaine, les facteurs techniques offrant une brève répit. Le cacao ICE NY de mars a progressé de 27 points (+0,65 %) tandis que le cacao de Londres de mars a augmenté de 29 points (+1,01 %), un dollar plus faible ayant déclenché une couverture courte modérée parmi les traders. Pourtant, sous cette reprise à court terme, les nuages persistants d’excédent mondial et de demande en déclin continuent de peser lourdement sur les cotations du cacao, maintenant une perspective à moyen terme nettement baissière.
La pression de vente qui a saisi les contrats à terme sur le cacao a été implacable. Le cacao de Londres a atteint un plus bas de 2,25 ans il y a seulement quelques jours, tandis que le cacao de NY a touché un plus bas de 2 ans pour les contrats à terme les plus proches la semaine dernière. Cette chute brutale reflète un déséquilibre fondamental entre ce que le monde produit et ce que les consommateurs souhaitent réellement acheter.
Surplus et érosion de la demande : des nuages sur le cacao
Trois grands vents contraires créent des obstacles importants sur le marché du cacao. D’abord, des approvisionnements mondiaux abondants exercent une pression du côté de la production. StoneX prévoit un excédent mondial de cacao de 287 000 tonnes métriques (MT) pour la saison 2025/26, avec un surplus supplémentaire de 267 000 MT attendu pour 2026/27. L’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) a rapporté que les stocks mondiaux de cacao ont augmenté de 4,2 % en glissement annuel pour atteindre 1,1 million de MT, signalant une accumulation continue dans les inventaires.
Du côté de la demande, l’histoire est tout aussi préoccupante. Les consommateurs de chocolat se sont rebellés contre les prix élevés, créant un frein significatif à la demande. Barry Callebaut AG, le plus grand fabricant mondial de chocolat en vrac, a révélé une chute choquante de -22 % du volume des ventes dans sa division cacao pour le trimestre se terminant le 30 novembre, citant une faiblesse de la demande sur le marché et un déplacement vers des segments de produits à marge plus élevée. Les dégâts touchent toutes les principales régions de broyage. En Europe, les triturations de cacao ont chuté de -8,3 % en glissement annuel au quatrième trimestre, à 304 470 MT, pire que la baisse attendue de -2,9 %, marquant le pire résultat pour un quatrième trimestre en 12 ans. En Asie, les triturations ont diminué de -4,8 % en glissement annuel à 197 022 MT, tandis qu’en Amérique du Nord, elles ont à peine augmenté de +0,3 % à 103 117 MT. Ces chiffres dressent le tableau d’une industrie mondiale du chocolat en retranchement.
Les récoltes en Afrique de l’Ouest ajoutent une autre couche de pression à la baisse. Le groupe Tropical General Investments a souligné que des conditions de croissance favorables en Afrique de l’Ouest positionnent les récoltes de cacao de février-mars en Côte d’Ivoire et au Ghana pour une production forte, les agriculteurs rapportant des cabosses plus saines et plus grosses par rapport à l’année dernière. Mondelez a noté que le nombre actuel de cabosses de cacao en Afrique de l’Ouest est supérieur de 7 % à la moyenne quinquennale et nettement plus élevé que la récolte de l’année dernière. Avec la principale récolte en Côte d’Ivoire déjà en cours et les agriculteurs exprimant leur optimisme, une offre supplémentaire devrait affluer sur les marchés mondiaux alors que la demande reste faible.
Légère relance grâce à la couverture courte contre des stocks croissants
Le léger rallye de cette semaine provient d’un phénomène technique classique : la couverture des positions courtes alors que le dollar s’affaiblit. Cependant, cette pause temporaire masque des changements préoccupants dans la gestion des stocks mondiaux. Les inventaires de cacao surveillés par ICE dans les ports américains ont atteint un sommet de 2,5 mois, à 1 775 219 sacs jeudi, rebondissant significativement par rapport au plus bas de 10,5 mois de 1 626 105 sacs enregistré le 26 décembre. D’un point de vue baissier, cette accumulation d’inventaire suggère une pression croissante pour écouler le cacao stocké, ce qui pèse généralement sur les prix.
La réduction de l’offre au Nigeria pourrait limiter le soutien aux cotations
Un point positif pour les haussiers du cacao vient du Nigeria, le cinquième plus grand producteur mondial, où l’offre se resserre. Les exportations de novembre du Nigeria ont diminué de -7 % en glissement annuel, à 35 203 MT, et l’Association du cacao du pays prévoit que la production 2025/26 reculera de -11 % en glissement annuel, à 305 000 MT contre une estimation de 344 000 MT pour 2024/25. Cette contraction de l’offre offre un soutien modéré aux prix, même si elle ne peut pas compenser entièrement les vents contraires provenant d’autres régions.
La situation globale de l’offre a connu un changement significatif ces derniers mois. En novembre, l’ICCO a réduit son estimation du surplus mondial de cacao pour 2024/25 à seulement 49 000 MT, contre 142 000 MT précédemment, tout en abaissant son estimation de la production mondiale à 4,69 millions de MT contre 4,84 millions. La Rabobank a également revu à la baisse ses prévisions de surplus pour 2025/26, à 250 000 MT contre 328 000 MT. Bien que ces révisions indiquent des conditions de marché plus tendues à l’horizon, elles suivent le rapport de décembre de l’ICCO, qui annonçait que la saison 2024/25 ne verrait qu’un seul surplus en quatre ans après un déficit massif de 494 000 MT en 2023/24, le plus grand en plus de 60 ans.
Les cotations du marché du cacao reflètent un produit pris entre deux forces opposées : un soulagement à court terme grâce à la couverture technique et aux mouvements de devises, mais aussi des nuages persistants d’excédent et de destruction de la demande qui continueront probablement de peser sur les prix alors que l’incertitude économique mondiale maintient les consommateurs prudents face aux achats de chocolat.
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Les cours du cacao rebondissent sur un rachat à découvert alors que les nuages d'excédent persistent
Le marché du cacao a connu un léger soulagement cette semaine, les facteurs techniques offrant une brève répit. Le cacao ICE NY de mars a progressé de 27 points (+0,65 %) tandis que le cacao de Londres de mars a augmenté de 29 points (+1,01 %), un dollar plus faible ayant déclenché une couverture courte modérée parmi les traders. Pourtant, sous cette reprise à court terme, les nuages persistants d’excédent mondial et de demande en déclin continuent de peser lourdement sur les cotations du cacao, maintenant une perspective à moyen terme nettement baissière.
La pression de vente qui a saisi les contrats à terme sur le cacao a été implacable. Le cacao de Londres a atteint un plus bas de 2,25 ans il y a seulement quelques jours, tandis que le cacao de NY a touché un plus bas de 2 ans pour les contrats à terme les plus proches la semaine dernière. Cette chute brutale reflète un déséquilibre fondamental entre ce que le monde produit et ce que les consommateurs souhaitent réellement acheter.
Surplus et érosion de la demande : des nuages sur le cacao
Trois grands vents contraires créent des obstacles importants sur le marché du cacao. D’abord, des approvisionnements mondiaux abondants exercent une pression du côté de la production. StoneX prévoit un excédent mondial de cacao de 287 000 tonnes métriques (MT) pour la saison 2025/26, avec un surplus supplémentaire de 267 000 MT attendu pour 2026/27. L’Organisation Internationale du Cacao (ICCO) a rapporté que les stocks mondiaux de cacao ont augmenté de 4,2 % en glissement annuel pour atteindre 1,1 million de MT, signalant une accumulation continue dans les inventaires.
Du côté de la demande, l’histoire est tout aussi préoccupante. Les consommateurs de chocolat se sont rebellés contre les prix élevés, créant un frein significatif à la demande. Barry Callebaut AG, le plus grand fabricant mondial de chocolat en vrac, a révélé une chute choquante de -22 % du volume des ventes dans sa division cacao pour le trimestre se terminant le 30 novembre, citant une faiblesse de la demande sur le marché et un déplacement vers des segments de produits à marge plus élevée. Les dégâts touchent toutes les principales régions de broyage. En Europe, les triturations de cacao ont chuté de -8,3 % en glissement annuel au quatrième trimestre, à 304 470 MT, pire que la baisse attendue de -2,9 %, marquant le pire résultat pour un quatrième trimestre en 12 ans. En Asie, les triturations ont diminué de -4,8 % en glissement annuel à 197 022 MT, tandis qu’en Amérique du Nord, elles ont à peine augmenté de +0,3 % à 103 117 MT. Ces chiffres dressent le tableau d’une industrie mondiale du chocolat en retranchement.
Les récoltes en Afrique de l’Ouest ajoutent une autre couche de pression à la baisse. Le groupe Tropical General Investments a souligné que des conditions de croissance favorables en Afrique de l’Ouest positionnent les récoltes de cacao de février-mars en Côte d’Ivoire et au Ghana pour une production forte, les agriculteurs rapportant des cabosses plus saines et plus grosses par rapport à l’année dernière. Mondelez a noté que le nombre actuel de cabosses de cacao en Afrique de l’Ouest est supérieur de 7 % à la moyenne quinquennale et nettement plus élevé que la récolte de l’année dernière. Avec la principale récolte en Côte d’Ivoire déjà en cours et les agriculteurs exprimant leur optimisme, une offre supplémentaire devrait affluer sur les marchés mondiaux alors que la demande reste faible.
Légère relance grâce à la couverture courte contre des stocks croissants
Le léger rallye de cette semaine provient d’un phénomène technique classique : la couverture des positions courtes alors que le dollar s’affaiblit. Cependant, cette pause temporaire masque des changements préoccupants dans la gestion des stocks mondiaux. Les inventaires de cacao surveillés par ICE dans les ports américains ont atteint un sommet de 2,5 mois, à 1 775 219 sacs jeudi, rebondissant significativement par rapport au plus bas de 10,5 mois de 1 626 105 sacs enregistré le 26 décembre. D’un point de vue baissier, cette accumulation d’inventaire suggère une pression croissante pour écouler le cacao stocké, ce qui pèse généralement sur les prix.
La réduction de l’offre au Nigeria pourrait limiter le soutien aux cotations
Un point positif pour les haussiers du cacao vient du Nigeria, le cinquième plus grand producteur mondial, où l’offre se resserre. Les exportations de novembre du Nigeria ont diminué de -7 % en glissement annuel, à 35 203 MT, et l’Association du cacao du pays prévoit que la production 2025/26 reculera de -11 % en glissement annuel, à 305 000 MT contre une estimation de 344 000 MT pour 2024/25. Cette contraction de l’offre offre un soutien modéré aux prix, même si elle ne peut pas compenser entièrement les vents contraires provenant d’autres régions.
La situation globale de l’offre a connu un changement significatif ces derniers mois. En novembre, l’ICCO a réduit son estimation du surplus mondial de cacao pour 2024/25 à seulement 49 000 MT, contre 142 000 MT précédemment, tout en abaissant son estimation de la production mondiale à 4,69 millions de MT contre 4,84 millions. La Rabobank a également revu à la baisse ses prévisions de surplus pour 2025/26, à 250 000 MT contre 328 000 MT. Bien que ces révisions indiquent des conditions de marché plus tendues à l’horizon, elles suivent le rapport de décembre de l’ICCO, qui annonçait que la saison 2024/25 ne verrait qu’un seul surplus en quatre ans après un déficit massif de 494 000 MT en 2023/24, le plus grand en plus de 60 ans.
Les cotations du marché du cacao reflètent un produit pris entre deux forces opposées : un soulagement à court terme grâce à la couverture technique et aux mouvements de devises, mais aussi des nuages persistants d’excédent et de destruction de la demande qui continueront probablement de peser sur les prix alors que l’incertitude économique mondiale maintient les consommateurs prudents face aux achats de chocolat.