La saga de la stablecoin Basis : comment un pari d'un milliard de dollars a été perdu face à l'impasse réglementaire

Le projet de stablecoin Basis, autrefois l’initiative la mieux financée dans l’espace des actifs numériques, a officiellement fermé ses portes après avoir déterminé que naviguer dans le paysage réglementaire était devenu insurmontable. La société a annoncé qu’elle retournerait tout le capital restant à ses investisseurs, marquant une fin dramatique à ce que beaucoup dans l’industrie avaient salué comme une tentative pionnière de fusionner la stabilité algorithmique avec la finance décentralisée.

Fondé par Nader Al-Naji, le projet—initialement nommé Basecoin—avait attiré 133 millions de dollars de la part de certains des plus grands investisseurs en capital-risque, notamment Andreessen Horowitz, Bain Capital Ventures, Lightspeed Ventures et GV (anciennement Google Ventures). La portée ambitieuse de la levée de fonds reflétait un enthousiasme sincère quant au potentiel du stablecoin Basis pour révolutionner la manière dont les marchés maintiennent la stabilité des prix via des mécanismes automatisés plutôt que par un soutien collatéral traditionnel.

L’effondrement d’une vision décentralisée

Le concept de stablecoin Basis reposait sur des jetons d’obligation et d’actions fonctionnant en tandem pour augmenter ou réduire l’offre de jetons, imitant la gestion de la politique monétaire par les banques centrales. En théorie, cette approche algorithmique offrait une voie vers la décentralisation qui ne nécessitait pas le contrôle centralisé qui minait la conception des stablecoins concurrents. Cependant, cette élégance s’est heurtée de front à la réalité réglementaire.

Al-Naji a expliqué dans une déclaration officielle que les orientations réglementaires avaient imposé une conclusion difficile : les jetons d’obligation et d’actions seraient presque certainement classés comme des valeurs mobilières, une désignation qui imposerait de strictes limitations à leur distribution. Ces contraintes nécessiteraient de limiter les transferts uniquement aux investisseurs accrédités et de mettre en place des protocoles Know Your Customer (KYC) exhaustifs—ce qui neutralisait pratiquement la nature décentralisée qui rendait le stablecoin Basis révolutionnaire en théorie.

L’équipe a exploré plusieurs solutions de contournement, notamment le déploiement offshore et des mécanismes temporaires de stabilité centralisés, mais chacune comportait des compromis qui compromettaient fondamentalement la vision initiale.

La contrainte légale inattendue

Les contraintes réglementaires entourant le stablecoin Basis découlaient en partie de la structure même du capital de la société. Contrairement aux accords classiques en actions, les instruments Simple Agreement for Future Tokens (SAFT) utilisés par Basis laissaient peu de marge de manœuvre pour pivoter. Les conseils juridiques n’ont pas offert beaucoup d’encouragements pour d’autres voies, et la société s’est retrouvée liée à ces interprétations conservatrices des exigences de conformité.

Salil Deshpande de Bain Capital Ventures a reconnu plus tard la tension centrale : la classification obligatoire des jetons d’obligation comme valeurs mobilières signifiait la mise en place d’un système de liste blanche centralisé—une contradiction au cœur même de ce qui rendait le concept de stablecoin décentralisé si attrayant à l’origine.

Il est à noter qu’aucune action réglementaire formelle de la part de la Securities and Exchange Commission (SEC) n’avait été dirigée contre le projet. La fermeture reflétait l’interprétation de la société des directives réglementaires plutôt qu’une interdiction explicite—une position prudente étant donné que le cadre juridique entourant les stablecoins restait incertain à cette époque.

Ce que révèle l’épisode du stablecoin Basis

La fermeture a mis en lumière les tensions entre l’ambition d’innovation et la clarté réglementaire dans la finance décentralisée naissante. À son apogée, le projet Basis était devenu un symbole de l’adhésion institutionnelle à la technologie crypto—l’entreprise se targuait même d’avoir contribué à faire comprendre aux institutions financières traditionnelles les systèmes distribués de manière plus large.

La décision de l’équipe de mettre fin aux opérations plutôt que de faire des compromis sur ses principes fondamentaux offre une leçon sobre sur l’écart entre ce qui est techniquement possible et ce que les régulateurs autorisent. Si le stablecoin Basis lui-même est devenu une histoire d’avertissement, il a aussi permis d’établir des cadres et des précédents que les futurs projets de stablecoins ont appris à naviguer avec une meilleure conscience des exigences de conformité dès leur conception.

Le retrait d’une vision de 133 millions de dollars a souligné que même les projets les mieux capitalisés font face à des choix binaires lorsque les directives réglementaires entrent en conflit fondamental avec leurs objectifs architecturaux. Pour l’industrie crypto, ce fut à la fois un moment d’humilité et un point d’inflexion qui a redéfini la manière dont les projets suivants abordaient la stratégie réglementaire.

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