La crise du marché de l'emploi derrière la baisse du nombre de demandes d'allocations de chômage

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Le marché de l’emploi a connu des hauts et des bas en 2025. Selon les dernières données du Département du Travail américain, au cours de la semaine se terminant le 27 décembre, le nombre de nouvelles demandes d’allocations chômage a unexpectedly diminué à 199 000 (ajusté saisonnièrement), atteignant un plus bas depuis fin novembre. Ce chiffre semble positif, mais masque une réalité plus complexe : bien que les demandes d’allocations aient reculé, le marché du travail reste fragile, sans signe évident d’amélioration significative.

Les économistes avaient prévu une hausse des demandes à 220 000, cette baisse inattendue en surprend plus d’un. Cependant, il faut noter que la publication de ce rapport a été avancée d’une journée en raison des perturbations liées aux fêtes de Nouvel An, ce qui explique aussi la possible influence des facteurs saisonniers sur les données.

Fluctuations des demandes d’allocations, “pas d’embauche ni de licenciement” devient la norme

Les variations du nombre de demandes d’allocations chômage sont devenues une constante ces dernières semaines. Après la première demande, le nombre de personnes continuant à percevoir des allocations (les bénéficiaires de l’assurance chômage) a diminué de 47 000 au cours de la semaine se terminant le 20 décembre, pour s’établir à 1,866 million, après ajustement.

Le nombre de demandeurs d’allocations continues avait frôlé les 2 millions fin octobre, puis avait diminué, mais restait supérieur au niveau de l’an dernier à la même période. Ce maintien à un niveau élevé confirme la tendance décrite par les économistes et les décideurs : le marché du travail est en mode d’attente, sans embauches ni licenciements massifs.

Selon une récente enquête de l’Office of Economic Advisers, le pessimisme concernant le marché de l’emploi a atteint son niveau le plus bas depuis le début de 2021, ce qui reflète les inquiétudes du marché derrière ces chiffres.

Taux de chômage rebondit à son plus haut en quatre ans, les politiques se font sentir

En novembre dernier, le taux de chômage a atteint 4,6 %, son plus haut en quatre ans. Les données du Federal Reserve Bank de Chicago montrent que le taux de novembre est resté stable à 4,6 %. Bien que cela soit en partie lié à la fermeture prolongée du gouvernement fédéral (43 jours), cela reflète aussi la pression réelle sur le marché de l’emploi.

Le taux de chômage est passé de 3,7 % en janvier à 4,6 % en novembre, une hausse notable. Fait intéressant, la proportion de personnes percevant des allocations chômage par rapport à la population active n’est que de 1,1 %, avec peu de fluctuations tout au long de l’année. Cette divergence entre l’augmentation du taux de chômage et le faible nombre de demandes d’allocations est inhabituelle, suggérant que les entreprises, face à des chaînes d’approvisionnement tendues, évitent autant que possible de procéder à des licenciements massifs.

Ralentissement du recrutement, incertitude politique en cause principale

Les activités de recrutement en 2025 ont fortement ralenti. En novembre, le nombre moyen de nouveaux emplois créés par mois n’était que de 55 000, soit moins du tiers de celui de la même période en 2024. La portée du recrutement se réduit également, les entreprises attendant principalement une clarification des politiques de Trump.

Depuis janvier, la mise en œuvre par l’administration Trump de droits de douane plus élevés et de politiques migratoires strictes a directement limité l’offre de main-d’œuvre, tout en augmentant l’incertitude pour les entreprises. Par ailleurs, la rapide adoption des outils d’intelligence artificielle générative pousse aussi les employeurs à réévaluer leurs besoins en personnel, ce qui freine encore davantage le recrutement.

Ce ralentissement proche de la limite où, selon les économistes, le taux de chômage ne doit pas augmenter, indique que la croissance de l’emploi approche d’un point critique.

La Fed face à un dilemme : baisser les taux ou rester sur place

Les caractéristiques anormales du marché de l’emploi sont désormais au cœur des décisions de la Réserve fédérale. La banque centrale doit équilibrer deux objectifs : d’une part, continuer à baisser les taux pour éviter une détérioration supplémentaire de l’emploi ; d’autre part, maintenir des taux élevés pour contenir l’inflation, qui reste au-dessus de l’objectif de 2 %.

Ce mois-ci, la Fed a réduit son taux de référence de 25 points de base, pour le situer entre 3,50 % et 3,75 %, tout en indiquant qu’une nouvelle baisse n’est pas envisagée à court terme, en attendant des clarifications supplémentaires sur le marché du travail et l’inflation.

Le procès-verbal de la réunion des 9 et 10 décembre a révélé de profondes divisions parmi les décideurs. Même ceux en faveur d’une baisse de taux ont reconnu que cette décision était un “équilibre délicat”, et qu’ils auraient pu choisir de maintenir les taux inchangés. Les opposants ou sceptiques ont suggéré d’attendre davantage de données sur le marché du travail et l’inflation lors de la prochaine réunion pour décider d’une éventuelle nouvelle baisse.

Pour la Fed, les semaines à venir, avec une série de données économiques attendues début 2026, seront cruciales, car elles pourraient orienter la politique future. Le marché de l’emploi et la politique de la Fed sont désormais étroitement liés, chaque changement pouvant entraîner une réaction de l’autre.

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